La picachanson n°18 : True colors

Régulièrement, en cette année picassienne 2020-2021, le collège Picasso vous fait découvrir une chanson. De tous les styles et de toutes les époques, de tous les genres musicaux… Aux confluences de tous les arts et de toutes les traditions, la chanson est sans doute un art mineur… ou plutôt c’est ce qu’elle aime bien nous faire croire, pour nous toucher plus facilement ! Ouvrez vos chakras, vos oreilles et vos cœurs : voici venir la picachanson !

Ce dimanche, la picachanson s’est faite écrire à deux claviers. Que professeurs et parents travaillent ensemble, les élèves ne le croient pas toujours. Pourtant, la coéducation et la coopération sont au centre de nos pratiques pédagogiques. Alors nous appliquons ici concrètement le concept, et en faisons la démonstration in situ : cet article est co-écrit par son auteur habituel, Yann Leclerc, professeur de français au collège Picasso, et par Sabrina Taoudiat, maman d’une élève de troisième, et représentante élue des parents. Avec à la clef, un coup d’œil dans le rétroviseur, toujours utile avant de prendre le tournant…

Ce regard en arrière nous conduit jusqu’à l’année 1986… mais c’est bien le quotidien du collège qui nous en offre l’occasion. Nous parlons d’une petite rengaine qui rythme nos journées, une quinzaine de fois par jour… Et ce sont justement les déléguées de parents d’élèves qui ont attiré notre attention sur l’origine… de la sonnerie du collège !

Commençons par nous la remettre en tête, cette sonnerie :

Elle est aujourd’hui adoptée par de nombreux collèges d’Île-de-France et de province, et dévoilons sans tarder qu’il s’agit de la réécriture de la mélodie introductive de l’indémodable chansonTrue Colors de la chanteuse Cyndi Lauper… En 1986, donc. En voici l’extrait isolé (comme vous l’entendrez, le tempo et la tonalité ont été modifiés) :

Hymne à la liberté, ode à la tolérance se référant aux « vraies couleurs » de la vie, comme pour dire que le bonheur n’est conditionné qu’à la manière de percevoir le monde, et non pas au monde lui-même, True colors était la chanson passionnée d’une chanteuse décomplexée mais pas sans complexes. Cyndi Lauper chantait la liberté d’être soi, et les collégiens de 1986 chantaient cela à tue-tête en l’écoutant à la radio et en l’enregistrant à la volée sur des K7, portés par la voix chuintante et ronronnante d’une américaine de 33 ans en paraissant 17, savamment mal coiffée.

Volontairement ou non, cette sonnerie est donc un trait d’union, un lien entre les générations. Les élèves d’aujourd’hui voient leur vie scolaire rythmée par ce qui marquait, au contraire, les moments de détente de leurs parents : Cyndi Lauper n’était pas en 1986 une « classique » (et c’est le moment de rappeler ce que veut dire ce mot, « classique », qui fait tant peur aux élèves : ce qui est classique, c’est simplement… ce que l’on étudie en classe, de manière récurrente. Tout a ainsi vocation à devenir classique, pour peu que la postérité pédagogique en décide ainsi). Aujourd’hui, classique ou pas, Cyndi décide du début et de la fin des cours…

Et c’est donc le moment où l’auteur habituel de ces lignes laisse le clavier à Sabrina Taoudiat, pour la deuxième partie de cette picachanson…


Nous, les parents, où étions-nous 1986 ? Et que faisions-nous, à quoi rêvions nous quand Cyndi Lauper chantait ? La majorité d’entre nous étions là où vont nos enfants chaque jour : au collège. Peut-être, pour certains d’entre vous, c’était déjà Pablo Picasso ? Vous rappelez-vous, chers parents, vos « années collège » ?

Pour 1986, l’année de True colors ? Côté musique, ce dimanche, je vous invite en cliquant ici à écouter une sélection (le mot « playlist » n’ existait pas) des meilleurs tubes de cette année sur Youtube (qui n’existait d’ailleurs pas non plus).

Cette année là, adolescents et adolescentes avons pleuré les morts de Balavoine et Coluche. Ce dernier avait créé « les restos du cœur » quelques mois plus tôt.

La coupe du monde du monde de football se déroulait au Mexique. Il s’est décidé cette année-là de creuser un tunnel sous la manche pour rapprocher l’Angleterre du reste de l’Europe. C’était bien avant le Brexit…

Mais nous dans tout ça ? Moi j’étais en 4ème au collège Georges Brassens, Paris 19ème. Un collège qui ne m’a pas laissé un souvenir impérissable. J’y allais uniquement pour les cours. Il n’y avait pas de club, pas d’AS, pas de gymnase… Seul avantage, il était à trois minutes à pieds de chez moi .

Par contre, j’allais à la patinoire Pailleron et aux Buttes Chaumont pas très loin avec des amis, chaque dimanche. L’année suivante, j’ai quitté Paris pour Montfermeil. Mais j’ai continué à aller à la patinoire Pailleron pendant de nombreuses années avant d’apprécier ce que ma nouvelle ville pouvait m’offrir. Aujourd’hui, ma fille attend avec impatience que la patinoire de Neuilly-sur-Marne rouvre ses portes. Ça doit être contagieux !

Et vous, c’était quoi vos loisirs et vos envies d’adolescents ??? Je vous invite à faire ce voyage intérieur, vous verrez certainement un sourire sur votre visage arriver. Et pourquoi pas le partager avec vos enfants… Bon Dimanche à tous !


True Colors

You with the sad eyes
Don’t be discouraged
Oh I realize
It’s hard to take courage
In a world full of people
You can lose sight of it all
And the darkness inside you
Can make you feel so small

But I see your true colors
Shining through
I see your true colors
And that’s why I love you
So don’t be afraid to let them show
Your true colors
True colors are beautiful
Like a rainbow

Show me a smile then
Don’t be unhappy, can’t remember
When I last saw you laughing
If this world makes you crazy
And you’ve taken all you can bear
You call me up
Because you know I’ll be there

And I’ll see your true colors
Shining through
I see your true colors
And that’s why I love you
So don’t be afraid to let it show
Your true colors
True colors are beautiful
Like a rainbow

If this world makes you crazy
And you’ve taken all you can bear
You call me up
Because you know I’ll be there

And I’ll see your true colors
Shining through
I see your true colors
And that’s why I love you
So don’t be afraid to let it show

Your true colors
True colors
True colors
Shining through

I see your true colors
And that’s why I love you
So don’t be afraid to let them show
Your true colors
True colors are beautiful
Like a rainbow

M. Leclerc

Administrateur du site du collège.

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