La picachanson n°48 : Jean Baltazaarrr

En cette année picassienne 2021-2022, nous vous proposons de continuer ensemble l'œuvre débutée l'année dernière : chaque dimanche (ou presque), nous découvrirons une chanson. Parce que les chansons sont le reflet de leur époque, elles transmettent et perpétuent des images de leur monde, et, par leur universalité, offrent un pont naturel avec le nôtre. Nous aborderons ainsi des chansons de tous les styles et de toutes les époques, de tous les genres musicaux… mais toujours en lien avec l'actualité. L'actualité du monde, l'actualité du collège, l'actualité de nos vies. Aussi, ouvrez vos chakras, vos oreilles et vos cœurs : pour sa deuxième saison, voici venir la picachanson !

Le chanteur belge Arno nous a quitté hier, samedi 23 avril 2022. Chanteur inclassable et foutraque, à l’immense personnalité, au grain de voix inimité et au grain de folie inimitable, Arno apportait ce supplément d’âme qui fait que la chanson n’est pas juste un art. C’est une façon de vivre…

En 1999, il interprétait, en duo avec l’Américaine Beverly-Jo Scott, la chanson Jean Baltazaarrr, reprise survitaminée d’un tube de Jacques Dutronc de 1966 : La fille du père Noël. Il s’agissait alors de l’histoire de la rencontre improbable entre le fils du père Fouettard (celui qui hante les nuits des enfants pas sages) et de la fille du père Noël (celui qui enchante les nuits des enfants sages). La chanson originale était écrite par l’écrivain Jacques Lanzmann, avec une musique composée et arrangée par Jacques Dutronc. Le riff de guitare qui fait la chanson (en intimité avec la batterie) est bien celui de Dutronc, repris quasi à l’identique (en changeant légèrement la tonalité) par l’immense David Bowie, dans une de ses chansons les plus célèbres : Jean Genie. (Bowie assumera parfaitement l’emprunt, et donnera même les clefs de sa chanson en la plaçant sous une double lecture liée à culture française : ce « Jean genie » étant inspiré par Jean Genet, grand dramaturge de la première moitié du XXe siècle.)

Et pour sa reprise, Arno fait la synthèse des deux chansons : son Jean Baltazaarrr (oui, écrit avec deux A et trois R) mélangera à dessein Dutronc et Bowie, dans une esthétique punko-rock matinée de vocoder, avec un clip extraordinaire, déjanté, absurde et poétique. Peut-être la meilleure des 48 picachansons.

Jusqu’à celle de dimanche prochain, bien sûr.


Jean Baltazaarrr

Je l'ai vu au petit matin
Tout’ nue dans mes grands souliers
Placée devant la cheminée
Pas besoin de faire un dessin

Fatigué j'ai la gueul’ de bois
Sur le lit j'ai jeté mon fouet
Contre elle je me suis penché
Et sa beauté m'a rendu muet

C'était la fille du père Noël
J'étais le fils du père Fouettard
Elle s'appelait Marie Noël
Je m'appelle Jean Balthazaarrr

Small Jean Genius, snuck off to the city,
Strung out on lasers an’ slash-back blazers
Ate all your razors while pulling the waiters
Talking 'bout Monroe while walking on Snow White
New York's a go-go, and ever’ tastes nice,
Poor little Greenie... Oowwooohoo !

(Jean Genie) Lives on his back,
(Jean Genie) Loves chimney stacks,
(It's out lady) He screams and he bawls,
(Jean Genie) Let yourself go! Ohooo !

Je prends la fille dans mes bras
Elle me dit…
Mais no Balthazar !
Ne fais donc pas le fier à bras
Je suis tombée là par hasard

Tout’ la nuit j'avais fouetté
A tour de bras les gens méchants
Toute la nuit j’avais donné
Des cadeaux à tous les enfants

C'était la fille du père Noël
J'étais le fils du père Fouettard
Elle s'appelait Marie Noël
Je m'appelais Jean Balthazaarrr

(Jean Genie) Lives on his back,
(Jean Genie) Loves chimney stacks,
(It's out lady) He screams and he bawls,
(Jean Genie)
Let yourself go! Ohooo !

C'était la fille du père Noël Hm ! Hm !
J'étais le fils du père Fouettard
Yeah ! Je m'appelais Marie Noël
Je m'appelais Il s’appelait…Hm !
Jean Balthazaarrr (Rire) …Mon dieu !
Loves to be loved

M. Leclerc

Administrateur du site du collège.

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