Incipit, hourra ! n°19 : A.B.C. contre Poirot

Chaque semaine picassienne commence avec un « incipit », c'est-à-dire le début d'un livre. Chaque lundi, pour bien commencer la semaine, retrouvez donc le début d’un roman, d’une pièce de théâtre, d’un conte, d’une poésie… Tout ce qui fait mouche d’emblée et scotche le lecteur ! C’est la rubrique Incipit… hourra !, exclusivement sur le PicaBlog du Collège Pablo Picasso.

Découvrez cette semaine les premières lignes du roman d’Agatha Christie, A.B.C. contre Poirot, écrit en 1936.


Au cours du mois de juin 1935, je débarquai en Angleterre pour y passer six mois. Comme tous les autres, nous n’avions pas échappé à la crise mondiale et, confiant notre ranch de l’Amérique du Sud à ma femme, j’étais venu régler en Europe certaines affaires personnelles.

Inutile de dire qu’une de mes premières visites fut pour mon vieil ami Hercule Poirot.

Il avait loué un appartement meublé dans une maison toute neuve, d’un style tout à fait moderne. Histoire de le taquiner, je lui reprochai d’avoir choisi cet immeuble en raison de ses lignes parfaitement géométriques.

— Je n’en disconviens pas, mon ami, avoua-t-il. Trouvez-vous donc cette symétrie déplaisante ?

Je lui répliquai que, pour mon goût, j’y voyais trop d’angles droits. Faisant allusion à une vieille plaisanterie, je lui demandai si, dans cette hôtellerie ultra-moderne, les poules pondaient des œufs carrés.

Poirot rit de bon cœur.

— Ah ! ah ! vous vous souvenez encore de cette boutade. Hélas ! non. La science n’est pas arrivée à décider les poules à se conformer au goût actuel. Les poules donnent toujours des œufs de tailles et de couleurs différentes !


M. Leclerc

Administrateur du site du collège.

Vous aimerez aussi...

Thank you for your upload