Incipit… Hourra ! n°11

Chaque semaine picassienne commence comme un livre : avec un « incipit ». Chaque lundi, retrouvez donc le début d’un roman, d’une pièce de théâtre, d’un conte, d’une poésie… Tout ce qui fait mouche d’emblée et scotche le lecteur ! C’est la rubrique Incipit… hourra !, exclusivement sur le PicaBlog.

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Personne ne me connaissait à Buckton. Clem avait choisi la ville à cause de cela ; et d’ailleurs, même si je m’étais dégonflé, il ne me restait pas assez d’essence pour continuer plus haut vers le Nord. À peine cinq litres. Avec mon dollar, la lettre de Clem, c’est tout ce que je possédais. Ma valise, n’en parlons pas. Pour ce qu’elle contenait. J’oublie : j’avais aussi dans le coffre de la voiture le petit revolver du gosse, un malheureux 6,35 bon marché ; il était encore dans sa poche quand le shérif était venu nous dire d’emporter le corps chez nous pour le faire enterrer. Je dois dire que je comptais sur la lettre de Clem plus que sur tout le reste. Cela devait marcher, il fallait que cela marche. Je regardais mes mains sur le volant, mes doigts, mes ongles. Vraiment personne ne pouvait trouver à y redire. Aucun risque de ce côté. Peut-être allais-je m’en sortir.

Vernon Sullivan (Boris Vian), J’irai cracher sur vos tombes

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L’incipit (lire « innekipite », oui les élèves : c’est du latin), c’est le début d’un texte. Ce moment où l’auteur peut vous attraper dans ses filets, vous donner envie de continuer à lire son livre… ou pas ! Grâce à son incipit, l’auteur vous happe… ou vous rate. Dans tous les cas, c’est vous, lecteur, qui décidez du sort du livre…

M. Leclerc

Administrateur du site du collège.

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