Antigone, celle qui a dit non

Au programme de français en troisième, la notion de se rebeller face à un monde injuste, de refuser de se soumettre au carcan d’une loi dépassée, sont au centre des interrogations de deux thèmes au moins (« Dénoncer les travers de la société » et « Agir dans la société : individu et pouvoir »).

Une femme, davantage que tout autre personnage, incarne cette volonté de dire « non », et de se dresser, au péril de sa propre vie, contre l’injustice. C’est Antigone, fille d’Œdipe, sœur de Polynice, nièce de Créon.

Face aux décisions de son oncle, Antigone a dit non. Non, elle ne laissera pas le cadavre de son frère brûler au soleil, sans sépulture digne. Oui, elle a bravé l’interdiction, et l’a enterré elle-même, entre chien et loup, profitant d’un moment d’inattention des gardes. Et, sciemment, elle va le payer de sa vie.

Avant que certaines classes de troisième l’étudient en classe, et pour faire le point sur le mythe, en voici une petite vidéo récapitulative, concoctée par Arte, dans la collections Les Grands mythes

Les auteurs antiques se sont emparés de ce mythe, à commencer par Sophocle…

Intéressons-nous plutôt à la version de Jean Anouilh, jouée à Paris en 1945 – lorsque l’occupant allemand contrôlait encore sévèrement ce qui se jouait dans la capitale. Ce personnage qui dit non, ne serait-ce légèrement métaphorique, au regard de la situation d’occupation de la capitale ? Ne faisait-il pas écho au général de Gaulle, qui disait « non » quotidiennement, sur les ondes longues de Radio Londres ?

Quoi qu’il en soit, Jean Anouilh put finalement monter sa pièce, régulièrement interrompue par les bombardements, et nous en livre ici sa propre version, dans une lecture par ses soins. Un immense moment de théâtre, uniquement disponible en version audio, à écouter absolument :

Partie 1 :

Partie 2 :

M. Leclerc

Administrateur du site du collège.

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